La culture des gangs s’installe au Royaume-Uni
Par Lucie Duban
15 Avril 2008

| L’Angleterre voit depuis ces dix dernières années sa criminalité juvénile en pleine expansion. Les quartiers réputés chauds de ses principales villes comme Manchester, Liverpool et bien entendu Londres, affichent chacune leur quotas d’assassinats d’adolescents comme règlements de compte, meurtres aléatoires ou tout simplement rixes entre gangs ennemis. Les gangs apparus courant des années 1990 ont pris une ampleur toute nouvelle et représentent le mouton noir de Gordon Brown qui promet s’atteler à cet urgent problème de violence civile, à l’instar de son prédécesseur Tony Blair, sérieusement inquiété par le phénomène en son temps. Scotland Yard recense désormais 170 gangs seulement sur Londres alors qu’en 1996, 72 gangs étaient décomptés. Le profil de ces gangsters a également évolué, leurs membres sont aujourd’hui en majorité noirs et la moyenne d’âge se situe entre 16 et 25 ans tandis qu’auparavant ils étaient en majorité blancs et plus âgés. Les facteurs de l’émergence de cette violence urbaine sont multiples mais tous ont en dénominateur commun le désarroi social et économique d’une frange de la population | Anglaise, celle des immigrés. Le miracle économique du parti travailliste aura laissé de côté une partie de ses brebis qui, égarées et fédérées par aucune entité de l’état, ont constitué ces communautés qui se sont fragmenté sur des bases sociales, ethniques, raciales et religieuses. Le fossé entre riches et pauvres s’est étonnamment creusé dans ce pays au libéralisme économique qui en charme plus d’un. Sans oublier que les structures familiales des pays d’Europe du Nord ou encore les systèmes sociaux communs aux pays d’Europe du Sud font cruellement défaut à l’Angleterre.Le point d’orgue étant l’éducation qui bien souvent accuse le coup d’une désaffection manifeste. Mais cela ne saurait être l’unique raison ou conséquence car aucune des origines ne peut « s’isoler », en effet tout fait partie intégrante d’un cercle qui se veut toujours plus vicieux. Les parents, acculés par une société de marché où les heures de travail s’amoncellent, se retrouvent démissionnaires de leur rôle parental, rôle prépondérant s’il en est dans un contexte économique fébrile. L’Angleterre affichant également l’un des plus haut taux de divorce d’Europe, | cela contribue encore à affaiblir des liens entre parents et enfants. Ainsi les adolescents, souvent livrés à eux-mêmes, n’ont pas l’opportunité de solliciter un réseau social viable étant donné l’action inopérante de ces acteurs trop éloignés et peu encouragés à satisfaire les besoins sociaux de jeunes en mal de repères. Cette désorientation sert de base de recrutement aux gangs qui prennent la relève de la société et des parents aux yeux des adolescents. Les gangs, ces bandes à l’image de « familles » constituées de cousins ou frères, garantissent la cohésion autour d’une identité si souvent recherchée au prix de l’illégalité.cela contribue encore à affaiblir des liens entre parents et enfants. Ainsi les adolescents, souvent livrés à eux-mêmes, n’ont pas l’opportunité de solliciter un réseau social viable étant donné l’action inopérante de ces acteurs trop éloignés et peu encouragés à satisfaire les besoins sociaux de jeunes en mal de repères. Cette désorientation sert de base de recrutement aux gangs qui prennent la relève de la société et des parents aux yeux des adolescents. Les gangs, ces bandes à l’image de « familles » constituées de cousins ou |
frères, garantissent la cohésion autour d’une identité si souvent recherchée au prix de l’illégalité. Caractéristiques Une sorte de loi de l’omerta se met aussi en place : environ 40% des jeunes membres de gangs interrogés pour une étude du Centre d’Etudes Criminelles de Vauxhall, déclarent avoir été contraints d’adhérer au gang et redoutent des représailles s’il devaient s’enfuir. Une « pression familiale » doit opérer, faite de dettes et autres devoirs entre les différents membres associés à des degrés divers. Bien entendu, il ne faut pas confondre gangs et mafia, mais toujours est-il que les armes à feu sont facilement accessibles en Grande- Bretagne, surtout à Liverpool plaque tournante du trafic d’armes depuis l’Europe de l’Est. Cette accessibilité se voit renforcée par la loi du port d’arme à feu et son effet pervers. En effet, ceux qui sont en possession illégale d’arme à feu et ont plus de 21 ans sont passibles d’une peine minimale de 5 ans d’emprisonnement. Ce qui enjoint les « caïds » |
All content, images and music on this site are Copyright © 2008 by Locomotive Production and Entertainment CIC. All Rights Reserved.
Please do not use or reproduce without the express permission of Locomotive.
