Burka, voile, virginité : quand la république Française s’étourdit
Par Lucie Duban
13 Juillet 2008

Une femme Marocaine se voit refuser la nationalité Française au motif qu’elle « n’adopte pas les valeurs fondamentales de la république française ». La femme mariée à un Français, dont le couple reconnaît appartenir au mouvement Salafiste, n’est pas rejetée suite à sa confession. Le refus du conseil d’état ne porte pas sur le Salafisme ou tout autre courant ou lecture de l’islam. Nul dérapage n’est de mise, vigilance envers tout matraquage ou récupération religieuse. Ce qui est ici mis en cause, ce sont l’attitude et le comportement de la jeune femme qui ne s’inscrivent pas dans les codes laïques et républicains qui font la base de la société Française. |
Puisque la Religion est de nos jours sensible et que les intégrismes religieux ne se respectent et se tolèrent qu’en leur propre confession, qu'ils soient chrétiens, musulman, juif, orthodoxe..., il est d'utilité d’état de faire garantir une laïcité sociétale. Les individus ne peuvent être laïques, par contre la société ou l’état en ont le devoir. Et il ne s’agit pas d’aseptiser la société mais de la pacifier. Là où le bât blesse, c’est lorsque l'on se remémore l'incident de l'annulation du mariage du couple musulman au motif que la mariée n'était plus vierge. Il semble qu’il y ait deux poids, deux mesures. Bien que la décision ait été revue, l’état chercherait-il à revenir sur ce fâcheux événement et réparer l’erreur ? Car si l’on considère qu’il suffit de reconnaître la virginité comme un critère d’annulation de mariage, alors c’est considérer que cette valeur issue de la religion est un élément constitutif à part entière d’une législation et revêt un caractère juridique. C’est donc remettre en cause un état laïc. |
Lorsque l'on inclut un critère religieux dans l'amendement d'une législation, c’est draper la laïcité de pied en cape du voile de l’intolérance et revenir à 1901 avant la séparation de l’église et de l’état. Et c’est également remettre en cause le fondement de l’égalité des sexes, puisque la mariée se doit d’être vierge, alors que la même obligation n’incombe pas à l’homme. D’ailleurs, à la question de l’égalité des sexes se pose aussi ce problème : en outre c’est une fois encore le combat laïc qui est mené à l'encontre d’une femme quand les mentors de la burka s'en tirent à bon compte. Quid de son mari ? Peut-être aurait-elle eu l’occasion rêvée de prendre le large des valeurs de soumission et de dépendance si la nationalité Française lui avait été accordée? Mais que penser de ces valses juridiques et statutaires hésitantes du gouvernement ? Entre deux, mon coeur balance ? La république Française est laïque et on y travaille chaque jour davantage? Ou bien la religion s’invite en | société car personne ne doit être froissé. La France doit aujourd’hui assumer les conséquences de ces longues décennies de colonisation et les vagues d’immigration qui l’ont aidé à construire sa société riche de cultures, de savoirs et de cultes différents. Elle doit aussi faire face à ses banlieues et trouver la solution qui ne laisse plus ces populations vivrent au ban de la ville et de la société. Et pour les y inclure et laisser cohabiter en paix et harmonie pléthore de valeurs, quoi de mieux que de faire valoir coûte que coûte la laïcité ? Puisqu’il semble délicat de déterminer avec exactitude dans quelle mesure l’ordre public est troublé par une religion, le plus sage reviendrait donc à ne pas avoir à en débattre, et laisser la religion à la maison. Libre à chacun de disposer de sa vie privée. La liberté a un prix: celle individuelle se doit de finir lorsque commence celle d'autrui. |
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